Comment lire un compte de résultat ?

Imed LandoulsiParImed Landoulsi

Comment lire un compte de résultat ?

Le compte de résultat est un document qui donne l’image de la valeur des produits, des charges et finalement des profits ou pertes d’une entreprise sur l’année fiscale écoulée.

En clair, il donne le résultat de l’équation globale suivante :

PRODUITS – CHARGES = PROFIT ou PERTE

Le compte de résultat sert donc à mesurer la rentabilité de l’entreprise. Une entreprise qui ne parvient pas à dégager de profits sur plusieurs exercices (c’est-à-dire plusieurs années) a des chances de disparaître.

On parle de compte de résultat prévisionnel lorsque celui-ci s’attache à apporter des prévisions sur le futur de l’entreprise et n’est donc pas le reflet d’une constatation passée mais bien une estimation de l’avenir.

Le compte de résultat prévisionnel fait partie des documents à fournir impérativement dans le cadre d’un business plan ou plan d’affaire. Les prévisions portent généralement sur 5 ans, plus rarement sur 3 ou 7 ans.

 

Conventions de présentation du compte de résultat

Anglos- saxons et reste du monde ne présentent généralement pas le compte de résultat de la même manière et la convention de présentation anglo-saxonne à tendance à gagner du terrain. Dans l’absolu, les deux décrivent les mêmes choses mais disons pour simplifier que l’ordre des lignes et des rubriques change ainsi que les totaux, sous-totaux et ratios.

D’autre part, gardez à l’esprit que quel que soit le type de présentation (anglo-saxonne ou autre), il existe la convention suivante :

  • Une valeur positive indique un produit, un revenu pour l’entreprise (par exemple une vente), un profit ou un gain
  • Une valeur négative indique une charge pour l’entreprise (par exemple la charge du loyer, d’électricité, de personnel, des impôts etc.) ou une perte

Les produits

Les produits sont l’ensemble des opérations qui génèrent un enrichissement pour l’entreprise. Il en existe plusieurs types mais le plus important demeure le chiffre d’affaires.

  • Les ventes ou chiffre d’affaires

Le compte de résultat fait conventionnellement apparaitre le chiffre d’affaires en première ligne. Le chiffre d’affaires indique la valeur des ventes hors taxes. En clair 100 000 indique que vous avez vendu pour 100 000 TND de produits sur la période indiquée.

Le chiffre d’affaires résulte généralement du simple calcul suivant :

Quantités x prix de vente unitaire

Les quantités indiquent votre volume de vente, par exemple un nombre de pièces, un nombre de tonnes, un nombre d’hectolitres, un nombre de jours-homme etc.

Le prix unitaire est le prix hors taxes (HT) d’une unité, par exemple le prix d’une pièce, d’une tonne, d’un hectolitre, d’un jour-homme etc.

  • Les autres types de produits

Les produits autres que le chiffre d’affaires peuvent soit résulter de l’exploitation de l’entreprise, de ses finances ou d’éléments exceptionnels. Subventions d’exploitations ou stocks d’encours constituent par exemple des produits d’exploitation. Les rémunérations de placements donnant droit à des d’intérêts ou à un versement de dividendes sont constatés en tant que produits financiers. Enfin, une plus-value sur la vente d’un actif est un exemple de produit exceptionnel.

Les charges

Les charges se définissent comme l’ensemble des opérations qui appauvrissent l’entreprise. Les financiers les classent de différentes manières selon ce qu’ils veulent faire ressortir :

  • Le classement des charges par catégories
    • Les charges relatives aux matières premières, aux marchandises, aux stocks
    • Les charges de personnel qui incluent les salaires, les charges sociales ou les charges équivalentes à une rémunération (ticket repas, voitures de fonctions, plans de retraite etc.)
    • Les charges externes qui comportent les frais liés à la structure tels que les frais de déplacement, les charges liés aux locaux ou infrastructures (loyers, énergie, entretien,…), les frais administratifs (avocat, consultants externes, commissaire aux comptes, frais bancaires…), les frais de représentation commerciale ou de marketing…
    • Les charges financières comme les intérêts d’emprunt ou de découvert
    • Les impôts et taxes tels que la TCL, la taxe hôtelière,…
    • Les charges de dépréciation d’actif
    • Le cas échéant les charges exceptionnelles
  • Le classement par nature de la charge : d’exploitation, financières ou exceptionnelles. Les premières sont l’ensemble des charges relevant de l’exploitation de l’entreprise c’est-à-dire aussi bien les charges entrant dans la constitution du produit que les frais généraux, les salaires ou la dépréciation du matériel. Les charges financières sont les charges nécessaires à assurer le financement de l’entreprise comme typiquement les intérêts bancaires sur un prêt. Enfin les charges exceptionnelles, en plus de ne relever d’aucun des cas précédents, ont une nature inhabituelle, voire inattendue. C’est le cas par exemple, des indemnités de licenciement à verser lors d’une condamnation par un tribunal de prud’hommes.
  • Le classement par charges directes et indirectes : c’est à dire celles entrant dans la composition du produit et les autres. Par exemple, si vous vendez des pizzas, les œufs et la farine entrent dans la composition de votre produit, il s’agit donc de charges directes. A l’inverse, le salaire de votre secrétaire n’est pas lié à la composition de la pizza et constitue de ce fait une charge indirecte.
  • Le classement par incidence sur la trésorerie : charges décaissables et non décaissables. Les charges sont classées ici suivant qu’elles nécessitent une sortie de trésorerie ou pas. Par exemple, un salaire est décaissable mais supporter une perte de change ou la détérioration de matériel ne l’est pas.

Pour terminer, insistons sur le fait que toutes les combinaisons des charges ci-dessus sont possibles : une charge d’exploitation peut être décaissable ou pas, directe ou indirecte, de même pour une charge financière ou exceptionnelle.

  • Un mauvais exemple de charge : la TVA

La TVA sur les factures des fournisseurs est incontestablement l’opération que le chef d’entreprise débutant a le plus tendance à considérer comme une charge. Elle ne l’est jamais (ou presque… car l’entreprise peut ne pas pouvoir la récupérer). La TVA est en fait une charge que supporte le consommateur final et uniquement lui. Les entreprises ne constituent que des collecteurs et des décollecteurs de taxes comme pourrait l’être une recette des finances. Ils aident donc l’Etat à récupérer cet impôt qui ne les cible pas eux.

Résultats et marges du compte de résultat

Faisons cette remarque avant de commencer : si un compte de résultat montre bien des chiffres négatifs, les totaux qu’il comporte sont quant à eux tous le résultat d’additions entre les chiffres et jamais de soustraction ou de multiplication. Ceci facilite donc grandement sa lecture.

Le compte de résultat affiche un certain nombre de totaux, c’est-à-dire de somme de lignes de produits et de charges appelés soit Résultats, soit Marge. Nous verrons ici les plus communs.

  • Les résultats d’exploitation, financier et exceptionnel :

Il s’agit de la somme produits d’exploitation moins charges d’exploitation ou produits financier moins charges financières ou produit exceptionnel moins charges exceptionnelles. La principale vertu de cette présentation est de permettre au lecteur d’identifier rapidement les éléments exceptionnels qui en plus de ne pas être récurrents, ne relèvent pas de l’activité première de l’entreprise. Il permet ensuite d’identifier simplement le cout nécessaire à l’entreprise pour se financer et éventuellement la pertinence de ses choix de placements externes. Enfin, le résultat d’exploitation indique la véritable performance de l’entreprise sur son métier, sur ce pour quoi elle a été créée en quelques sortes.

  • Le résultat net avant impôts

Il s’agit de la somme des résultats d’exploitation, financier et exceptionnel. Il renseigne sur la rentabilité globale de l’entreprise avant qu’elle ne se soit acquittée de l’impôt sur les sociétés (l’IS) ou de tout autre type d’impôt assis sur le résultat.

  • Le résultat net après impôts

Le résultat net duquel sera déduit l’IS constitue le résultat net après impôts. Celui-ci est particulièrement regardé par les actionnaires ou par les instances qui les représentent. Ces derniers décideront en effet à la clôture de l’exercice de l’affectation de celui-ci soit en report à nouveau c’est-à-dire aux capitaux propres de l’entreprise (et de ce fait, au bilan), soit de le distribuer sous forme de dividende.

 

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Imed Landoulsi

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